terrasse composite

Espace de plaisir à partager été comme hiver, la terrasse en bois est devenue en quelques années un élément incontournable de confort et de convivialité. Pour réaliser cet espace, pouvoir en profiter agréablement et durablement, les choix des matériaux et la technique de mise en œuvre sont essentiels.

La vraie difficulté réside dans l’exposition horizontale aux intempéries. En effet, en fonction des températures et de l’humidité ambiante, les propriétés du bois sont très sollicitées. Selon l’endroit où aménager la terrasse, la sélection se fera d’elle-même. Les matériaux les plus légers et les moins fragiles seront plus faciles à installer en balcons et sur les toits. Au pied des maisons, c’est la configuration du terrain qui dicte le choix, avant que le porte-monnaie ne prenne le relais.

Les bois composites  

Si les lames de bois massif sont faciles à installer et désormais traitées pour une longévité accrue, le bois est réputé pour sa tendance à grisailler et pour son entretien. Des désagréments que les lames en bois composite, de bonne qualité, peuvent pallier !

Inspiré par la nature, le composite imite, à s’y méprendre, le veinage et les teintes du bois. De plus en plus apprécié en aménagement extérieur, pour sa résistance, son imputrescibilité et sa facilité d’entretien, il peut aussi être recyclable. Dénué d’échardes, antidérapant, lisse et agréable au toucher, il est idéal pour aménager les bords d’une piscine. À condition qu’il soit de bonne qualité, sa composition à base de résine polymère et de bois à l’état de poudre, le rend résistant aux insectes, aux fissures et aux moisissures.

Le bois composite est un mélange de matériaux hétérogènes, organiques et synthétiques :

– copeaux de bois résineux, de Peuplier ou d’Érable finement broyés, parfois des fibres de riz ou de bambou ;

– résines polymères telles que PVC, polypropylène, polyéthylène ;

– additifs (antioxydants, antimicrobiens, anti-moisissures, anti-taches, anti-décoloration…), pour retarder les processus de dégradation ;

– pigments destinés à leur donner l’apparence du bois ou la teinte définitive.

Pour éviter que le bois devienne gris avec le temps, on peut appliquer une protection sur ses lames de terrasse.
terrasse composite
© Empreintes Bois
© Just Pose
terrasse composite
© Réhau

Les lames de terrasse en composite existent en profil rainuré pour fixation par clip ou à bords droits, mieux adaptées aux finitions (margelles, nez de marche). Leurs faces apparentes sont striées ou lisses (dans ce cas, préférez les finitions brossées ou poncées qui seront moins glissantes).

On distingue 3 familles de lames de terrasses en bois composite :

– Les lames pleines (en polyéthylène)

Elles se travaillent comme le bois, se fixant à l’aide de vis traversantes. Elles peuvent être recoupées dans la longueur et n’ont pas besoin de traitement spécial pour les extrémités. Leur composition garantit une bonne durabilité, à condition que la formulation des adjuvants (stabilisateur d’UV, anti-moisissures et autres pigments) soit maîtrisée. Dans le cas contraire, le vieillissement des lames pourrait être décevant. Il est préférable de se fier à des marques reconnues. Entre 60 et 90 euros le m².

– Les lames alvéolaires (ou creuses) 

Elles sont légères et de manipulation aisée. Ce sont celles dont l’offre est la plus répandue et les prix les plus bas. Attention toutefois aux énormes différences de qualité suivant la fabrication et la composition.

Les lames alvéolaires en polyéthylène (PEHD) d’origine chinoise essentiellement, font partie des premiers prix : de 30 à 50 euros TTC le m².

– Les lames co-extrudées

Ce sont les lames en composite de la dernière génération. La co-extrusion consiste à enrober le composite actuel d’une couche de polyéthylène pure de 1 mm. Cette couche protectrice permet de garantir une imperméabilité totale de la lame. Les lames sont anti-taches. Le polymère utilisé est traité anti-UV, il ne se décolore plus du tout. C’est la réponse aux consommateurs qui, au bout de quelques années, s’aperçoivent que les lames composites vendues «  sans entretien  » et garanties à vie, finissent par être tachées en surface, attaquées par des champignons et des moisissures qu’il faut éliminer chaque année. Pire, un platelage de couleur foncée à l’origine peut adopter en quelques mois une couleur claire et délavée avec quelques fois des auréoles pour les produits les moins stabilisés ou maîtrisés. Entre 80 et 120 euros le m².

terrasse composite
© Daniel Moquet

Le PVC, l’autre composite

Plus rigide, il est en revanche plus cassant et davantage sensible au froid. Le PVC est aussi peu sensible à la rayure contrairement au polypropylène. Associé à la fibre de bois, il permet d’obtenir un produit plus dense que le composite traditionnel. Les lames PVC sont quasiment toutes alvéolaires. Seul le PVC expansé, très léger, permet une lame pleine. Il est aussi plus cher, mais présente une excellente rigidité et un bon comportement au feu (il n’existe à ce jour pas de classement au feu en France, mais c’est un critère déterminant dans certaines régions des États-Unis). Les lames alvéolaires en PVC sont plus chers, entre 50 et 70 euros le m².

terrasse composite
© IWatco
© Fiberdeck
terrasse composite
© Imanada.com

Bon à savoir

Les lames de bois en composite emmagasinent la chaleur. La surchauffe de la température de surface peut rendre la marche pieds nus difficilement praticable. Cette caractéristique provoque aussi des dilatations importantes qui entraînent des règles de montage strictes. Leur pose nécessite de tenir compte de larges espacements entre les lames et de variations sensibles de leur longueur pour éviter les compressions, les remontées ou les éclatements.

Rappel

Le bois composite ne peut pas servir pour la structure de l’ouvrage. Il est recommandé d’utiliser des lambourdes en bois massif avec une bande bitumineuse en protection.

SUIVI DE CHANTIER : pose d’une terrasse

Poser une terrasse

La structure est conçue en fonction de son support, généralement des lambourdes posées sur un film étanche, pour éviter la rétention d’eau qui déforme les lames. Pour prévenir une telle action, les professionnels collent aussi des bandes bitumineuses sur les lambourdes. Quel que soit le type de sol (dalle béton, terrasse sur étanchéité ou sur gazon / terre), la structure doit reposer sur des plots ou des cales afin de ne jamais être en contact avec le sol. En assurant la ventilation de l’ensemble, l’espace entre le platelage et le sol améliore la stabilité et la durée de vie de la terrasse.
Il ne faudra pas négliger l’entraxe entre les lambourdes, de 40 à 50 cm en fonction du bois retenu pour le platelage et de l’épaisseur des lames. Sur une dalle béton, le choix de plots réglables, en plastique polymère, correspond à deux besoins :isoler les lambourdes du sol et reprendre la pente du terrain afin de poser la terrasse bois parfaitement à l’horizontale. S’il s’agit d’un projet en balcon ou sur toiture, la «  pose flottante  » est préférable. Dans le cas d’une terrasse à poser sur une étanchéité (toit-terrasse), on utilise aussi des plots réglables en PVC pour isoler les lambourdes de la nappe étanche. La large base des plots évite de poinçonner l’étanchéité et le vérin de réglage permet de mettre facilement la terrasse à niveau en reprenant la pente d’évacuation des eaux de pluie. Installer une terrasse en terrain naturel (gazon, terre…), nécessite de poser au préalable un film géotextile pour éviter la repousse de végétaux à travers la terrasse. Si elle est accolée à la maison, mieux vaut fixer une lambourde sur le mur. Cette «  muralière  » sert de référence pour la mise à niveau de la terrasse et de support aux lambourdes de la structure. Sur un terrain instable (argileux, sableux, fraîchement remblayé), des précautions sont à prendre. Préférez des plots en béton, réaliser un hérisson de cailloux… Sauf cas extrême, il est inutile de couler une dalle béton.

© Laméo

Texte : Mireille Mazurier 🐋